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Friday, November 28, 2008

En exclusivité - Vitamine C

VitamineC01 Lire la suite...

Tuesday, November 04, 2008

Mais qu'est ce qu'on mange vraiment ?























Dans le titre se trouve un lien pour le site web du film !! la Bande annonce est très explicite et ça pose des questions... Lire la suite...

Wednesday, October 08, 2008

Interview Dr. Bernard Seguin - Membre du Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat



Le GIEC c'est lui, lui et 600 autres. Le GIEC est une fourmilière, et ils en sont les fourmis.

Entretien avec Bernard Seguin, un des chercheurs bénévoles du panel intergouvernemental sur l'évolution du climat co-lauréats du dernier prix Nobel de la paix avec Al Gore.



Il y a eu des difficultés lors de votre déplacement pour la conférence et vous avez mis presque 10h avant d'arriver, cela ne vous contrarie pas?
Exposer mon travail est très important pour moi et j'essaie d'être le plus utile possible en présentant les résultats officiels au plus de gens que je peux.
J'ai déjà eu plusieurs mésaventures comme ça, mais en fin de compte je suis tout à fait satisfait quand j'arrive à transmettre mon message.
« (...) même quand on m'invite à une réunion d'agriculteurs au fin fond de la France pour parler du changement climatique, j'y vais. Si je ne le fais pas, qui le ferait?»

Parlons-en, comment avez-vous commencé l'aventure du GIEC?
Un ami chercheur y a participé auparavant, et je trouvais cette expérience enrichissante même si ce n'était pas vraiment bien vu à ce moment là.
Vers l'an 2000, j'ai candidaté auprès du représentant du panel en France, et j'ai obtenu un poste au sein du groupe 2, qui s'occupe d'étudier les impacts, la vulnérabilité et l'adaptation au changement climatique.

Comment se déroule alors le travail concrètement?
C'est un énorme travail de collecte d'informations scientifiques, d'analyses de données, de comparaison, d'interprétation et de mises à jour. C'est un va et vient permanent, qui dure jusqu'à 4 ans . On en sort avec 3000 pages au bout que personne ne lit, puisque c'est un résumé plus comestible de 30 pages qui est présenté aux décideurs et à la presse.

Comment avez-vous vécu la reconnaissance de votre travail par l'obtention du prix Nobel?
Le premier jour de l'annonce du prix, seul Al Gore a été cité sur certaines chaines, on ne connaissait même pas vraiment le GIEC à ce moment là. Disons que lui il en a la moitié et l'autre moitié est partagée entre les 600 chercheurs. (souriant) On en a alors chacun le 1/1200e .

Y a t-il un couple GIEC/GORE ou du moins une collaboration?
Oui, en quelque sorte. J'ai appris par des amis du GIEC qu'une dizaine de scientifiques travaillent avec lui, et une bonne partie d'entre eux fait partie du panel.

Comment réagissez-vous aux attaques des sceptiques?
On ne réagit pas vraiment. Il n'y a pas de décisions officielles quant à notre réaction et peut-être même que ça nous desservirait. On donne des réponses ponctuelles, la crédibilité de certains sceptiques étant déjà mise en cause du fait de leur difficulté à publier des résultats fiables dans des revues scientifiques à comité de lecture.



Propos recueillies le 07.10.08.3n9
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Bernard Seguin est Directeur de recherches à l'INRA-Avignon.
Il fait partie des 10 auteurs principaux du chapitre 1, réalisé par le Groupe de travail 2 du GIEC:
«Assessment of observed changes and responses in natural and managed systems. » http://www.ipcc-wg2.org/ Lire la suite...

Monday, September 10, 2007

Edward Osborne Wilson





















E.O.Wilson est un entomologiste spécialiste des fourmis, il travaille sur l'évolution et la sociobiologie.Il est actuellement professeur à Harvard.

Extraits provenant de : Les dossiers de la Recherche (N°28 Aout/Sept 2007) dont le thème est "BIODIVERSITÉ - les menaces sur le vivant".
Cette interview a été réalisée par O.Postel-Vinay.

La diversité réelle, c’est la diversité génétique ?
E.O.W : Oui, la différence entre les gènes de deux individus d’une même espèce est la variation biologique la plus fondamentale.

N’y a-t-il pas cependant dans la notion d’espèce un niveau de complexité qui n’est pas présent dans le concept de gène ?
E.O.W : Oui, chaque fois que l’on passe à un niveau d’organisation plus élevé, des phénomènes nouveaux apparaissent. (…) on accède à un état d’existence entièrement différent lequel comporte ses règles propres et ne peut être compris qu’en regardant la totalité des unités qui le composent. (…) la biodiversité fait partie d’une tendance lourde de la biologie à quitter le champ des études purement réductionnistes, pour chercher les éléments d’une synthèse capable de rendre compte des processus d’autoassemblage des systèmes complexes. Je pense que cette tendance va dominer la Biologie du XXIe siècle.

A partir de quel moment estime-t-on qu’un écosystème est menacé par la diminution du nombre d’espèces qu’il contient ?
E.O.W : Plus un écosystème recèle d’espèces, plus il est productif, plus il est stable et plus vite il se reconstitue en cas de sécheresse ou de tempête, par exemple. (…) il existe des espèces clés ; des espèces dont la disparition ou au contraire l’introduction entraîne une transformation majeure de l’environnement. (…) mais il est très difficile de prédire quelles sont les espèces clés dans un système donné. Jared Diamond a une jolie métaphore : Puisque nous ne pouvons prévoir quelle espèce est clé, laisser une espèce s’éteindre est un peu comme accepter de vendre une certaine portion de votre chair, en laissant la personne qui prend le morceau le choisir au hasard.
Beaucoup de militants écologistes se posent à la fois en défenseurs de la biodiversité et en adversaire des organismes génétiquement modifiés (OGM). N’est-ce pas contradictoire ?
E.O.W : Je crois que c’est une lourde erreur. Je pense que le mouvement vers la nouvelle révolution verte par modification génétique doit en définitive bénéficier à la conservation. Voici le raisonnement. Je ne pense pas que les OGM soient un risque quelconque pour la santé ; pour le cas o il y aurait un risque, nous saurons le gérer, comme nous avons déjà contrôler les produits alimentaires. De même pour l’environnement : il y a très peu d’indices d’effets négatifs des OGM. Au contraire, les bénéfices à en attendre sont considérables. Il faut trouver le moyen de nourrir 8 milliards d’hommes : c’est le nombre qui sera atteint dans 20 ans. Or c’est bien la principale menace qui pèse sur la biodiversité. (…) une partie de la solution est d’accroître la productivité des terres agricoles mal cultivées, spécialement dans les pays en développement.
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Friday, June 16, 2006

à la recherche de nos origines - Interview.




Day to Day, April 13, 2005 ·
On Wednesday, the National Geographic Society in partnership with IBM is launching the "Genographic Project" -- a five-year effort to collect and analyze more than 100,000 DNA samples in order to trace the origins and movement of the human race.

Dr. Spencer Wells, the program's director and a Society "explorer-in-residence," tells NPR's Alex Chadwick the Genographic Project will be the largest and most comprehensive public database of anthropological genetic information ever compiled. He calls the DNA molecule a "time machine" that can answer the most basic questions of human history: Where did I come from, and how did I get here?

"DNA can help us go all the way back to the beginning," he says. "We can go back to the very early days of our species, to infer where we come from and how we got to where we live today."

By studying patterns in DNA, scientists will be able to map the migration of the human species -- and may pinpoint where the original humans came from in Africa, and how humans spread and diversified as they moved to distant parts of the globe.

Wells says some ethnic groups, like the San Bushmen of Namibia, have retained closer genetic lineages to the earliest humans. But in spite of the tremendous diversity of human beings, we are all "effectively members of an extended family.

"The amazing thing to come out of all of this is how closely related we all are," Wells says. "We share a common ancestor -- a man who lived in Africa around 60,000 years ago. That's only about 2,000 generations."

Eventually, those who volunteered their own DNA for the project will be able to go to a Web site to discover what Wells calls a "personal journey."

"You're going to be able to... figure out the journey of your Y chromosome if you're male, and the mitochondrial DNA

if you're female -- the journey your ancestors took from those very early days in Africa to where you live today," he says. Lire la suite...

Tuesday, November 22, 2005

Conférence de Quitana-Murci



ça vous interesserais d'en savoir un peu plus sur les moyens qu'utilise la science pour comprendre notre histoire à tous??ou comment utiliser les techniques de biologie moléculaire pour étudier les origines de l'homme!!!

Voici une conférence qui a eu lieu à paris, elle a été filmé pour "cité-sciences"
Utilisez le lien (dans le titre), puis cliquez sur le petit lien video (la bobine de film - Il faut avoir RealPlayer) Lire la suite...

Thursday, September 15, 2005

"De 740 à 1200, de Bagdad à Cordoue, le foisonnement culturel et l’amour de la vie forçaient le destin."

De 740 à 1200, de Bagdad à Cordoue, d’Abou Nawas à Ibn Rochd, un vent de liberté a soufflé sur le monde musulman. Les pouvoirs n’étaient pas plus libéraux qu’aujourd’hui, mais le foisonnement culturel et l’amour de la vie forçaient le destin.

Un million d’habitants, 70.000 juifs, des salons littéraires où l’on se déclare ouvertement impie, une vie nocturne mouvementée, des houris et éphèbes dans des maisons offertes à la luxure, des tavernes où le vin coule à flot… Où sommes-nous ? A Bagdad, à fin du VIIIème siècle (IIème de l’hégire). Treize siècles plus tard, on en est vraiment loin. à l’époque, Bagdad, à peine récupérée par la dynastie des Abbassides, est en ébullition. Dans le métissage qu'offre la ville médiévale, de plus en plus de poètes et de philosophes, quoique musulmans dans l’âme, prônent le droit de "disposer librement de leur corps et de leur esprit". Une longue tradition de libertins est née. Une histoire tortueuse s’ensuit. La parenthèse ne sera refermée définitivement qu’au XIIIème siècle, à l’autre bout du monde musulman, à Cordoue précisément, sous l’impulsion de fuqaha orthodoxes, relayés par la bigoterie des Almohades à Marrakech. En tentant, sept siècles plus tard, de revisiter cette parenthèse de scepticisme et de liberté, le philosophe égyptien Abderrahmane Badaoui s’est voulu optimiste : "Les mouvements sunnites et salafistes prennent la religion au mot. Ils constituent des moments de crise dans la vie spirituelle des musulmans. Dès que la communauté s’en sera débarrassée, elle pourra reprendre son évolution normale". Ce n’est pas encore le cas. Mais rien ne nous empêche, comme lui, de revisiter cette période où des individus libres ont bravé les interdits, profité parfois d’îlots de tolérance ou subi les pires persécutions. "Si tout cela a été possible à l’avénement des Abbassides, c’est parce qu’il y a eu d’un côté l'émergence d'un art d'écrire, voire de transgresser et, de l'autre, un laisser-faire des politiques qui ne cédaient pas toujours à la pression des fuqaha", estime l’écrivain Abdelfattah Kilito. Nous sommes, alors, à une époque où tout est encore possible. Les Omeyyades viennent d’être chassés du califat. L’alliance des mécontents fait arriver, pour la première fois des Perses aux postes de pouvoir. Il s’ensuit un métissage ethnique et intellectuel sans précédent. Bref, le cadre est adéquat pour la liberté de pensée. Libertin de la première heure, le poète Bachar Ibn Burd est l’exemple même du Perse pro-arabe. Il reçoit des femmes chez lui deux fois par semaine pour leur lire ses poèmes réputés sages et impudiques à la fois, évoquant leur intimité tout en flattant leurs sens. "à l’époque, même à Médine et à la Mecque, bastions de la vie religieuse, les odes à l'amour d’un Omar Ibn Abi Rabia, sont déclamées dans l’enceinte de la mosquée par un grand exégète du Coran", rapporte Driss Belmlih, spécialiste de la littérature abbasside. à Bassora, il y a alors un souk permanent où les plaisirs de la chair et du palais sont exposés au public. Les califes, des despotes éclairés, soufflent tout de même le chaud et le froid. Al Mahdi, par exemple, nomme un certain Abdeljabbar, vigile de l’orthodoxie religieuse contre les hérétiques. Il mène la vie dure aux écrivains qui se déclarent ouvertement immoraux. Son successeur Al Amine, en revanche, reçoit dans sa cour le plus subversif des poètes, Abou Nawas. Celui-ci y loue "la luxure comme mode de vie festif auquel tout le monde a accès". Le vin, l’éloge de l’homosexualité, tout y passe dans un langage plaisant. Mais tous les sérails n’ont pas la même tolérance à l’égard des écrivains à la moralité ou à la croyance douteuses. Ainsi en est-il d’Ibn Al Mouqaffaa, mazdéen converti à l’islam malgré lui. Même s’il juge dans ses écrits l’autorité religieuse arbitraire, il met ses opinions en sourdine. Son problème était de sortir indemne de la compagnie du prince. Nous sommes au milieu du IXème siècle. Un foisonnement culturel est initié à Bagdad par le calife Al Mamoun. En créant Dar Al Hikma (Maison de la sagesse, composée d'une bibliothèque et d'un centre de traduction), il permet un accès plus facile aux cultures persane et grecque. La porte est grande ouverte pour des débats sans fin sur l’unicité de Dieu, la genèse du monde et bien d’autres problématiques de haute volée. Mais face aux politiques qui ouvraient les portes de la culture, les oulémas veillaient au grain. "Même si les écrivains les plus athées voulaient braver les interdits, ils cherchaient souvent le meilleur moyen de s'en sortir sains et saufs", explique l’orientaliste Léo Strauss. Prenons le cas du philosophe muâtazilite Al Jahidh. Il écrivait toujours ses textes en forme de dialogues pour ne pas être pris au mot. Le philosophe Al Farabi, quoique rationaliste, ne disait-il pas que "la conformité avec les opinions de la communauté religieuse dans laquelle on a été élevé est une qualité indispensable pour la survie du futur philosophe ?" Mais tous les penseurs libres n’étaient pas aussi prudents. Ibn Riwandi, théologien et muâtazilite radical, pour ne citer que lui, n’y va pas par quatre chemins. Vers 860, il rejette ouvertement la révélation divine et refuse qu’un prophète, Mohamed en l’occurrence, veille par ses enseignements sur l’organisation de la société. Résultat, il est attaqué et persécuté par ses contemporains. Ses livres disparaissent subitement de la circulation. Trente ans plus tard, Sarkhassi, un élève du philosophe perse Al Kindi, est emprisonné puis tué en prison par le calife Moâtadid. Quel a été son tort ? Il faisait partie des épicuriens qui croyaient en Dieu et non en ses messagers. Pour lui, "Mohamed est un mythomane". Ces répressions n’ont pas empêché Mouhiedine Arrazi, penseur et médecin, de s’exprimer aussi ouvertement. Classé par Abderrahmane Badaoui parmi les athées de l’époque, il écrit, sans détours, que "la raison est l’unique lumière qui nous éclaire", que "Dieu n’est pas le seul éternel puisque la matière l’est aussi" et que "l’homme ne peut accepter de tutelle extérieure puisque sa réincarnation le renforce". Si Arrazi l'a échappé belle, Al Hallaj, lui, a subi la loi des gardiens de l’orthodoxie. Poète inclassable, il s’est placé hors de l’islam rituel et s'est positionné "new age" avant l'heure (pour lui Dieu est en chacun de nous et non dans les textes). Résultat ? Il a été décapité. Au Xème siècle, cette fin tragique est une exception dans l’univers des poètes. Ces derniers, quoique traités de zanadiqa (hérétiques) semblent plutôt tolérés. Aboul’âlaa Al Maari a beau s’en prendre aux oulémas, faisant d’eux les responsables de l’ignorance et de la corruption, il s’en sort indemne. Un certain Ibn Ouqaïl a beau le taxer de poète "ouvertement athée et secrètement musulman", le stoïque de Maara continuera son petit bonhomme de chemin. "Si les auteurs passaient entre les mailles du filet, explique Kilito, c’est parce qu’ils avaient un art d’écrire, par allusion, par distorsion de style, en disant la chose et son contraire". Ceci est tout aussi vrai pour Ibn Hazm. Ce poète aristocrate, libre, qui vivait à Cordoue, parmi les femmes, chantant leur amour et la beauté de leurs atours, avait également l’art de ne pas dire ouvertement tout ce qu’il pense. Il a écrit, certes, un poème qui lui a valu une grande polémique. Il y dit : "jusqu’au ciel, me dit-on, crois-tu arriver ? / Oui, une échelle y monte et j’ai su la trouver". Mais notre homme a l’art de cacher sa liberté de pensée. Il distingue, selon André Miquel, trois catégories de sceptiques. "Ceux qui doutent et préservent le fait religieux. Ceux qui doutent de tout sauf du Créateur. Et ceux qui ménagent autant Dieu que le prophète". Omar Khayyam, lui, doute tout court. Il trouve son plaisir dans sa capacité à tordre le cou aux idées convenues : "S’il existait un enfer pour les amoureux et les buveurs, le paradis serait désert", écrit-il comme pour inverser les valeurs édictées par les dévots. L’astronome perse a traversé la vie en jouant à l’équilibriste entre croyance et jouissance. Il s’en sortira, à son tour, sans fracas. Cette licence faite aux poètes libertins, l’islamologue Dominique Urvoy lui trouve une explication plausible. "Contrairement à la prose, la poésie (vieille tradition arabe) appartient à la zandaqa, non à la pensée. Elle peut servir de support à des attaques nominales ou à l’expression d’exaspérations personnelles mais pas de base idéologique à un mode de réflexion". Tel n’est pas le cas des philosophes, le soufi Hamed Al Ghazali et le rationaliste Ibn Rochd, qui ont vécu en Andalousie au moment de son déclin. Le premier, quoique modéré, a vu brûler son livre initiatique, Al Mounqid Min Addalal (voyage dans le doute vers le soufisme), par le sultan almoravide Youssef Ibn Tachfine. Le second a vu des copies de ses manuscrits également brûlées suite à un conflit avec Abou al Abbas Sebti. Nous sommes alors à la fin du XIIème siècle. La fin d’une ère de liberté fluctuante. Le bûcher est allumé partout. Même à Bagdad. Envahi par les Mongols, le berceau des libertins musulmans a vu tout son patrimoine littéraire et livresque consumé et jeté dans l’Euphrate. Il ne s’en est jamais remis.

Post du 14Mai2005 0h36
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"Très peu de curiosité scientifique et apartheid sexiste dans le monde arabo-musulman d'aujourd'hui"

Cette incuriosité perdure. Le monde arabo-musulman reste l'endroit du monde où l'on traduit le moins de livres et où la recherche est quasi inexistante: «A l'heure actuelle, de nombreux pays asiatiques participent activement au développement scientifique, lequel n'est plus occidental, mais mondial. Hormis quelques enclaves occidentalisées et une poignée de chercheurs originaires du Moyen-Orient mais travaillant en Occident, la contribution de la région - telle qu'on peut la mesurer, par exemple, au nombre de publications dans des revues internationalement reconnues - fait pâle figure comparée à celle d'autres parties du monde non occidental ou, pis, comparée à son propre passé.»

L'apartheid sexiste constitue pour Bernard Lewis l'autre drame. Les rares émissaires envoyés dans les capitales européennes rapportaient il y a déjà plusieurs siècles leur choc devant les égards masculins pour ces femmes des cours royales non seulement visibles, mais ayant le droit de parler et de circuler. On oublie souvent que, pour l'Islam, la femme est non seulement inférieure à l'homme, mais aussi aux enfants mâles. Rappelant qu'en 1867 le progressiste turc Namik Kemal notait que le monde musulman était comme «un corps humain paralysé d'un côté», Bernard Lewis ajoute: «La relégation des femmes à un statut d'infériorité non seulement prive le monde musulman des talents et des énergies de la moitié de sa population, mais encore confie l'éducation, à un âge crucial, de l'autre moitié à des mères analphabètes et opprimées. Une telle éducation, dit-on, produit des individus arrogants ou soumis, en tout cas inaptes à la vie dans une société libre et ouverte.» Mais il reste optimiste, en rappelant qu'il n'y a pas si longtemps la charia reléguait dans la même sous-humanité les esclaves, les non-musulmans et les femmes: «Abolir l'esclavage relevait quasiment de l'inconcevable. Interdire ce que Dieu permet est un crime presque aussi grand que permettre ce qu'il interdit.» Or, ce que l'Islam a fait avec l'esclavage, il peut le faire avec les femmes.
«C'est le manque de liberté qui est à la base des maux dont souffre le monde musulman», assure Bernard Lewis, mais sans conclure. En 1976, quelques années avant la révolution iranienne, il avait pronostiqué l'actualité de deux voies possibles: le retour à l'origine des textes contre la modernité ou la révolution démocratique sur le modèle turc, qui témoigne, depuis près d'un siècle, que cela est possible mais lent et difficile, sa signification restant problématique: cette démocratie fragile, dépendant encore de l'éthique de son armée, constitue pour nombre de pays musulmans moins un modèle qu'une trahison.


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